Une expérience bouleversante
Sa maison du 5 rue de Verneuil, j’y suis passée de temps en temps en voyant à chaque fois des nouveaux graffitis. Pendant 32 ans, Charlotte GAINSBOURG l’a entretenue sans rien bouger et sans rien jeter.
La maison est petite, on y entre par deux. Les murs et les plafonds sont noirs, mais curieusement cela ne me choque pas. J’ai l’impression d’être dans l’univers. Les photos de Brigitte Bardot, Jane Birkin, Marilyn Monroe, Bambou ornent ces murs si particuliers. Les objets et les meubles renvoient de la couleur, de la dorure et de l’argenté.
La maison est sur 2 étages. Elle est composée de cinq pièces simples et chics à la fois et tellement originales, elles sont remplies de curiosités et remplies d’émotions. Les photos sont interdites. La visite se fait avec un casque guidé par la voix très douce de Charlotte. Elle nous accompagne comme ci elle était là. J’ai l’impression de remonter le temps, de me retrouver dans les années 70, cette époque avec l’âge de tous les possibles. Avec une jeunesse insouciante qui criait sa joie de vivre en chansons.
Où est passée cette époque?
L’immersion est garantie et unique. On vit à fond le moment. Charlotte raconte ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, des anecdotes amusantes mais aussi des souvenirs douloureux. J’entends sa voix de petite fille avec sa sœur Kate, J’entends parler Serge et Jane. C’est émouvant. La pièce à vivre se laisse contempler avec toutes ces choses qui représentent une vie, il y en a partout. Les deux pianos, le vieux téléphone, la mallette dans laquelle Serge glissait ses billets, le canapé qui a gardé l’empreinte du maître des lieux font que l’on imagine très bien la vie familiale dans toute sa splendeur. La cuisine est toute mignonne avec un évier assez petit. La porte du frigo est transparente. Dans le couloir s’affiche une série de photos de la fameuse marionnette des Guignols de l’info à l’effigie de Serge. Au 1er étage, impossible de louper son placard avec ses chaussures blanches « Repetto » et sa petite garde-robe, eh bien oui , elle est vraiment réduite. Il n’avait pas besoin de beaucoup de vêtements. Je passe devant la chambre d’enfants. La chambre des poupées comme l’avait baptisé Serge. Puis son bureau rempli de tonnes de livres . Eh oui, la culture se faisait à la maison. La chambre parentale qui représente un souvenir radieux où la famille transformait souvent cette pièce en cinéma est aussi un souvenir douloureux, car c’est ici que le père de Charlotte a été retrouvé inanimé.
La visite se termine
En face au 14 se trouve le Musée qui présente 450 objets, manuscrits, disques etc., des projections de films de la vie de Serge, mais aussi une boutique et le fameux « Gainsbarre ».
Serge Gainsbourg était un grand artiste. Un homme pas ordinaire .
Qui mieux que Charlotte pour nous parler de son père, ce solitaire qui n’aimait pas la solitude..
